France/Mexique : Le bout du tunnel

- Le pitch -

1998, Champions. 2002, Maison. 2006, Finale. 2010, Maison.

L'équipe de France de football est diablement régulière. Loin de ses bases, elle prend un malin plaisir à planter ses tournois. Aujourd'hui, il fallait que le 11 bleu rassure publics et observateurs plus ou moins avertis de sa capacité à prolonger le rêve d'une équipe de France efficace en coupe du monde.

- Les acteurs principaux -

Malouda, comme un énième banderille sur le dos, sanglant, de Domenech, réalise ici son meilleur match et, de loin, fut le meilleur des bleus du soir. Anelka, Govou, Abidal et Gallas, dont on ne sait bien s'ils sont - ou non - impliqués dans les bisbilles qui secouent l'équipe, sont en revanche passés tout près du vide intersidéral. Les deux premiers défenseurs ont affichés en 90 minutes a peu près tout ce qu'une défense peut faire de pire. Alignement approximatif, passe en retrait peu appuyée, peu d'attaque de ballons, tacle jetés sur des feintes de frappes... Les seconds quant à eux furent aussi transparent qu'ils le furent lors des 5 précédents matchs de l'équipe de France. Est-ce vraiment nécessaire de parler de l'adversaire du soir ?

- Le gros plan -


Raymond Domenech. Comment faire autrement ?

Chez Une/Deux, nous prenons le parti de ne pas parler "foot" comme ailleurs. C'est un peu notre leitmotiv. Alors vous ne lirez pas ici (en tout cas pas sous ma plume) de vengeance verbale, de railleries balancées, d'anecdotes sous pesées. A vrai dire, vous ne lirez même pas de critiques tactiques. Tout cela, vous le lirez et le relierez, très probablement tous les jours que Dieu fera d'ici à l'élimination définitive de l'équipe de France, Mardi prochain. Tout cela, vous pourrez vous en délecter dans les blogs ou les éditoriaux de tout ceux qui, bien heureux de voir tomber la bête, s'acharneront crocs aux vents, a dépouiller tout ce qui pourra encore l'être... histoire de montrer qui s'y connaît le mieux en foot, cette science si imprévisible qu'elle en devient passion inexplicable.

Domenech est con, Domenech a tout tué, Domenech est antipathique. Je l'ai dit assez souvent. Pourtant, ma vérité, c'est que Domenech est épuisé. Ma croyance, c'est qu'il s'est dévoilé au grand jour dans son interview du soir. Domenech s'est planté. Il n'était peut-être pas l'homme de la situation. Point.

"Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ?". Ce matin, les bacheliers ont eu 4h. Nous auront un peu plus de temps pour méditer.

- Le dénouement -

Domenech a fait ce qu'il a fait. Il n'est plus temps d'en discuter. L'équipe de France ouvre une nouvelle page. Voilà la vraie joie dans laquelle je cache ma déception. Les plus grandes victoires se construisent dans les défaites. Ce n'est pas une simple vue de l'esprit. Alors Laurent Blanc, la nouvelle génération et quelques autres nouveautés se chargeront, je l'espère, de refaire briller le coq doré sur le poitrail du maillot bleu.

C'est l'Histoire du Sport, du Foot. Une page noire se tourne, inutile d'en rajouter.

13 commentaires:

El Camino a dit…

C'est vrai que Domenech a été assez honnête ce soir.
Il n'empêche qu'il y aura un grand ménage à faire au sein de la FFF, on ne peut plus continuer comme ça.

Seb - CaRéagit a dit…

Il faut voir, mais je pense qu'ils en ont marre d'en prendre et qu'ils partieront eux-même. Oui, le foot français en a besoin.

mtislav a dit…

Raymond a très mal joué. Je ne suis même pas sûr qu'il ait touché un ballon.

jc a dit…

Seb, je te rejoins parfaitement sur le fait que ça va tirer à boulets rouges sur Domenech. J'ai d'ailleurs été heureux de la ligne des commentateurs sur RMC, qui est de ne pas stigmatiser un seul homme et de vouloir se battre pour que tous ceux qui se sont cachés derrière lui pendant des années soient mis devant leurs responsabilités.

Pour autant j'attends avec impatience l'analyse (ou les analyses) de votre équipe. Parce que même si cela n'a l'air de rien, il faut s'exprimer. Parce que les analyses des médias mainstream, en particulier les diffuseurs officiels, feront soit dans le sensationnel, soit dans le scandale, soit dans le convenu, soit les trois à la fois (si si, c'est possible).

Pour ma part, la première question qui me vient à l'esprit est celle de l'école du football français : dans la génération 98, beaucoup étaient issus de Cannes ou de Nantes. Que sont devenus ces clubs en 10 ans ? Où sont formés nos jeunes ? Avec quelle philosophie de jeu ? Par qui ? Je ne suis pas sûr que ce type de sujets viennent alimenter les innombrables débats post-débacle et les aborder, c'est un peu soutenir une réflexion que trop peu engagent.

Homer a dit…

il a fait ce qu'on attendait de lui... on pensait qu'il allait perdre, y'a pas de quoi être déçu ;-)

FalconHill a dit…

Le responsable est Escalettes. Domenech n'en devient qu'une victime...

Manuel a dit…

Pour la première fois, Domenech m'a fait pitié, tellement son interview était ridicule. Il ne sait pas, tant pis. Ne pas tirer à boulets rouges sur lui, soit, en même temps ça fait deux ans que sa présence m'a séparé de l'équipe de France et ça fait deux ans qu'un grand nombre de français savait que le mur arriverait à tout allure, qu'il fallait du changement et ça deux ans que fédé et sélectionneur se foutent ouvertement de notre gueule en détruisant le football de France, alors, permets moi d'exprimer ma petite vengeance de voir les prédictions se réaliser, en même temps que mon soulagement de voir cette affreuse période se terminer. Ces dirigeants sans honneur méritent que la France exprime cette frustration accumulée depuis si longtemps.

Rubin a dit…

Assez d'accord avec le fond du billet. Qu'on l'aime ou pas, il faut se figurer un Domenech pris en sandwich entre une fédération caricaturale d'incompétence (préparation en Tunisie et à la Réunion, par + de 30 degrés, alors que c'est l'hiver en Afsud ; hôtel au niveau de la mer alors que les matches se jouent en altitude) et des joueurs absolument puants.

Très probablement, son échec de 2008 lui a fait perdre ce qui lui restait de légitimité sur les uns et d'autorité sur les autres.

Tout ça est très triste, et assez caractéristique d'un certain immobilisme bien de chez nous.

Anonyme a dit…

Bon...
ben on paye les années Jacquet... où le seul fond de jeu s'appuyait sur une grosse défense et un génie (qui reste un sale con).

Certains ont déjà oublié 2002.
Depuis 98, le jeu en Ligue1 repose sur ce fameux 4-5-1 avec comme seul aboutissement ne pas prendre de but.

Problème quand il n'y a pas de joueur au dessus du lot... on abouti à un jeu indigent.

On trouvera facilement les responsables... Domenech et Anelka. C'est tellement plus simple.

Et quand j'entends des Courbis et Fernandez donner des leçons, très sincèrement c'est quoi leur bilan en tant qu'entraineur ?

Marc V

FalconHill a dit…

Euh, le "sale con", c'est un peu beaucoup, non ?

Le bilan de Fernandez, c'est une carrière d'entraineur avec des titres, une Coupe d'Europe, et un joli bilan. Courbis n'a pas gagné de Coupe de d'Europe, mais il a montré sa compétence à Toulon, à Marseille, à Bordeaux.

En tous cas, en terme de compétence, ils ont fait mieux que Domenech et Escalettes.

Et puis bon, si il faut avoir gagné la Coupe d'Europe pour pouvoir l'ouvrir, est ce que vous pouvez me dire ce qu'on fait là ?

En tous cas oui, Domenech n'est pas le seul responsable, c'est évident. Anelka porte en lui une immense part de responsabilité : mais quand on file les cléfs à un mec aussi peu responsable et fiable que lui, on n'est pas malin...

Vivement que le coup de balai se fasse. Et merci à des Fernandez et Courbis de continuer à l'ouvrir !

Seb - CaRéagit a dit…

Re,

Franchement les critiques sur les joueurs c'est très contestable. Face à un Mourinho, un Blanc ou Ferguson, les joueurs, si bien payés soient-ils baissent le regard et jouent. La faiblesse du staff qui encadre, de la fédé etc a laissé la place a tout les enfantillages possibles. Et comme ce sont encore des gamins...

Sans oublier non plus qu'Anelka n'a jamais joué en pointe seule (il est associté à Drogba qui est le vrai pivot a Chealsea). Govou mauvais, Ribéry un coup ici, un coup là, tout ca, ca vient de la même origine.

Il n'y avait pas de pilote dans l'avion car Domenech en avait marre. J'en ai désormais la conviction.

FalconHill a dit…

Seb, contestables sans doute les critiques sur les joueurs, mais je les fait sans aucun état d'ame.

Tu sais très bien tout le peu d'estime que je porte à ces joueurs Anelka Ribery. Tu as raison, ceux sont encore des gosses, mais ils en sont aussi responsables de leur immaturité.

En tous cas, on est souvent en désaccord sur le type de joueur, et quand je considère que l'homme est aussi important que le footballeur. On l'a vu sur cette pitoyable affaire Gourcuff, où les caids de pacotiles ont gagné. On a vu le résultat

Ensuite sur l'absence de pilote dans l'avion, totalement oui. Comme en plus personne n'était là dans la Tour de Contrôle (Escalette et Le Graet étaient au resto...), ce fut le plantage

Mais on l'a vu venir de loin non ?

jc a dit…

Je crois qu'il faut laisser calmement éclater la bulle bleue. Un biais cognitif nous a longtemps poussé à penser qu'il est incompréhensible que des joueurs de classe mondiale ne réussissent pas en équipe de France et je ne fais pas exception.

Cependant, qui mis à part Henry peut se targuer d'être ou d'avoir été un "top player" ? Malouda, Toulalan, Abidal ou Evra sont de bons joueurs dans des très bons clubs mais ça s'arrête là. Ce ne sont pas des foudres de guerre capables d'être une des clés sur lesquelles on batit une grande équipe. Ils ne sont pas individuellement du niveau des Ferdinand, Puyol, Toure Yaya (ou de Zanetti pour parler de ceux qui ne sont même pas sélectionnés).

Quant à Ribery et Anelka, force est de constater que le premier ne vaut pas la moitié d'un Messi ou d'un Cristiano Ronaldo et que le second a surtout brillé il y a 10 ans à Arsenal et qu'il s'est fait par la suite trimballer de club en club, enchainant des performances tout à fait correctes certes mais sans plus.

Pour bien se rendre compte du gouffre qui nous sépare en réalité des vraies grandes nations de football, considérons qu'une fois Henry et Anelka partis, il nous faudra choisir entre Gignac, Briand ou Cissé pour notre poste de n°9, en attendant l'explosion de Gameiro et le retour à son meilleur niveau du paria Benzema. Et pendant ce temps l'Argentine doit faire le choix de mettre Milito et Aguero sur le banc...

Finalement la morale de ce désastre est que nous sommes peut-être à notre place et que notre effectif n'est en rien plus "beau" que ceux du Mexique et de l'Uruguay, l'état d'esprit en moins.