Le pitch :
Après trois matches de préparation oscillant du moyen au franchement médiocre, l’équipe de France entrait enfin dans la compétition contre l’Uruguay, ce vendredi soir au Cap. Coup de théâtre : à une heure du coup d’envoi, on apprend que Florent Malouda est écarté du onze de départ au profit d’Abou Diaby, l’une des rares satisfactions des matches amicaux, peut-être pour raison disciplinaire. 90 minutes et une bonne migraine plus tard — la faute à l’insupportable vuvuzela —, pas de surprise.
Acteurs principaux :
Pour l’Uruguay : Diego Forlan
Le deuxième meilleur buteur du championnat espagnol a déçu, comme son compère de l’attaque non moins redoutable mais un peu plus méconnu, Luis Suarez.
Un jeu en pivot intéressant, de bons contrôles orientés, mais finalement trois petites frappes seulement, dont une seule cadrée. À l’image de l’ensemble de son équipe, l’épouvantail uruguayen a fait « pschit ». Deux explications possibles : soit Gallas et Abidal l’ont parfaitement éteint, soit il aborde la coupe du monde un peu émoussé par son énorme saison, conclue par une doublé en finale de ligue Europa (remportée par son club, l’Atletico Madrid).
Pour la France : Abou Diaby
Réclamé par l’écrasante majorité des observateurs suite à trois rentrées encourageantes contre le Costa Rica, la Tunisie et la Chine, Diaby a fini par arracher une place dans le onze de départ. Double surprise toutefois : non seulement c’est Malouda — l’un des meilleurs Français en 2010 — qui lui cède sa place, mais en plus le remplacement s’accompagne d’un retour au 4-2-3-1 nettement moins chatoyant que le 4-3-3 précédemment testé.
Diaby a donc joué avec Toulalan à la récupération, derrière Ribéry, Gourcuff et Govou. Et il a été énorme. Véritable patron du jeu des Bleus, avec une puissance physique et un volume de jeu impressionnants, il a parfaitement joué le rôle de piston entre la défense et les milieux offensifs hélas toujours aussi peu inspirés. Une vraie satisfaction et, déjà, un titulaire indiscutable pour Raymond Domenech.
Gros plan :
La France ne s’est finalement procuré qu’une seule occasion franche, en tout début de match. Dans son style caractéristique, Ribéry s’arrache sur l’aile gauche et décoche un joli centre au cordeau. Pratiquement seul devant le but déserté par un gardien aux fraises, Sidney Govou loupe totalement son plat du pied.
À ce moment du match, on se dit : « c’est bon signe, on va voir du jeu ». Au coup de sifflet final, on réalise que c’est le seul frisson que les Français nous ont offert. Tristesse.
Dénouement :
Malgré un premier match de préparation encourageant, malgré un aller-retour tactique entre le 4-3-3 et le 4-2-3-1 un brin déconcertant et malgré un début de match volontaire, la France de Raymond Domenech n’a pas changé : elle ne sait toujours pas marquer.
À vrai dire, elle ne sait pas attaquer du tout. Franck Ribéry serait-il intransférable au Bayern s’il réussissait aussi peu de centres qu’en bleu ? Yoann Gourcuff se serait-il imposé aussi rapidement dans cette équipe s’il créait aussi peu de décalages ? Nicolas Anelka aurait-il été prolongé par Chelsea s’il était aussi transparent sur le terrain ?
La plupart de ces joueurs évoluent ensemble en sélection depuis deux voire quatre ans ; ils se connaissent depuis plus longtemps encore. Et pourtant, ce soir comme à chaque fois depuis les qualifications de l’Euro 2008, ils ont donné l’impression d’avoir échangé leurs cartes de visite dans les vestiaires.
Incompréhensible.
La France égale à elle-même
Publié par
Rubin Sfadj
on 11/06/10
Libellés :
Coupe du Monde 2010,
Equipe de France


7 commentaires:
En clair on s'est bien fait chié. Non ?
Bon, on est bien barré, l'AdS et le Mexique sont obligés de gagner, l'AdS est chez elle et le Mexique est supérieur à l'EdF.
Pour reprendre ton analyse point par point :
- je ne suis pas d'accord avec ta sévérité vis-à-vis de Forlan. Son équipe n'a tout simplement pas été à sa hauteur. Il était trop souvent seul et sur les quelques ballons exploitables qu'il a reçus l'animal m'a quand même bien fait flipper de par sa capacité à se projeter vite vers le but en un diabolique contrôle orienté (ceux-là même qui hantent les cauchemards des Zoumana Camara et autres Ceara pour chambrer un peu du parisien !)
- rien à redire sur Diaby, c'est lui le seul et unique leader technique de l'équipe
- d'accord également sur le fait que l'équipe de France ne sait plus marquer, ainsi qu'avec ton étonnement (le mot est faible) de voir des joueurs exceller dans leurs clubs et être autant méconnaissables sur le terrain
- pour ce qui est du schéma tactique, c'est un détail mais contrairement à ce que dit tout le monde je ne pense pas que l'on ait assisté à un retour du 4-2-3-1. Pour comparer avec le FC Barcelone, je dirais que Diaby a joué le rôlé de Xavi à ceci près que l'activité offensive de Xavi couvre plus de terrain (latérale et verticale) alors que Diaby (qui a été énorme, je le répète) était plus dans la verticalité (tant mieux d'ailleurs). Toulalan évoluant à mon sens bien plus bas malgré un gros pressing et une ou deux tentatives de frappes de loin
Pour résumer, je dirais que cette équipe, si elle est loin d'être la catastrophe annoncée, reste une énigme en particulier sur la plan des performances individuelles tant l'écart de niveau entre Diaby et certains est conséquent. Je crois que tout autant que la communication de Domenech, les fantômes de Gourcuff, Anelka et Govou ajoutent à l'épais brouillard qui entoure l'image de cette équipe tout autant que ses prestations.
@Seb : comme d'hab, quoi.
@El Camino : pas sûr que le Mexique soit supérieur à la France. En tout cas, ils ont l'air plus libérés sur le terrain.
@JC : sur Forlan, je suis un peu "sévère" parce qu'on en avait fait tout un pataquès. En réalité, comme tu le notes, il ne peut pas tout faire. Quant à ta remarque tactique, ça se discute. Les deux systèmes sont assez proches sur le terrain. On dit que c'est un 4-2-3-1 parce que Diaby prend beaucoup plus l'intérieur que Malouda, et aide plus Toulalan à la récupération.
Tout s'est déroulé exactement comme l'Uruguay l'a prévu, il voulaient un 0-0, ils l'ont eu, et franchement, ça ne m'étonne pas. Après deux années de médiocrité entre-tâchée de franche nullité, vous vous attendiez à mieux?
C'est un bon résultat pour l'Uruguay, c'est certain. Quand deux équipes adeptes du jeu en contre se rencontrent, ça fait rarement un beau match !
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