La Grèce et le Nigéria font monter la pression... et le niveau


Premi籥 victoire de la Gr碥 en Coupe du monde - Coupe du monde 2010


Le pitch :

Hier, l’Uruguay et Forlan ont passé trois buts au pays hôte ; en début d’après-midi, l’Argentine et Higuain en ont planté quatre à une Corée du Sud qui ne méritait pas une telle humiliation. Autant dire qu’après une première journée pour le moins décevante, les choses se décantent enfin dans cette coupe du monde.

Et pourtant, qui aurait mis une pièce sur ce « petit » Grèce-Nigéria, qui devait opposer les deux grands perdants de la semaine dernière dans le groupe B ? Pas grand monde. Résultat : ceux qui croient encore qu’il suffit d’une ou deux stars pour faire un grand match ont raté la rencontre la plus intense que la compétition ait eu à offrir jusqu’à présent.

Les acteurs principaux :

Pour la Grèce : Vassilios Torrosidis

Le défenseur grec n’est pas encore très connu du grand public, mais ça ne l’empêche pas d’avoir une assez bonne côte dans le milieu des professionnels de la profession : il se murmure même que Didier Deschamps le verrait bien succéder à Laurent Bonnart du côté de l’OM.

À 25 ans, Torrosidis possède déjà la panoplie complète du footballeur moderne : il est polyvalent (arrière droit de formation, il jouait à gauche cet après-midi), opportuniste (c’est lui qui inscrit le but de la victoire), et surtout, ce qui lui vaut d’être mis en lumière ici, excellent acteur — mais on va y revenir.

Pour le Nigéria : Vincent Enyeama

Soyons honnêtes : le Nigéria de 2010 n’est plus celui de 98. Oubliés les dribbles chaloupés de Jay-Jay Okocha, les buts de Nwanko Kanu et les attentats au bon goût capillaire de Taribo West : ceux qu’on appelait les « Brésiliens d’Afrique » n’ont plus remporté la moindre rencontre en coupe du monde depuis, précisément, 1998.

Il y a toutefois un joueur, dans cette équipe, qui aurait eu sa place dans le onze de départ de son illustre devancière : Vincent Enyeama. Après avoir sorti une énorme perf contre l’armada argentine, le gardien de l’Hapoël Tel Aviv aura été le héros du match d’aujourd’hui… pendant 70 minutes.

Gros plan :

En première mi-temps :

32ème minute. Touche pour la Grèce, alors que le Nigéria a ouvert le score un quart d’heure auparavant, sur un geste technique improbable du gardien Alexandros Tzorvas, visiblement formé à l’école du ballon prisonnier. Torrosidis veut la jouer rapidement, mais Sani Kaita n’est pas d’accord.

De façon incompréhensible, le Nigérian tente d’asséner un coup de pied à son adversaire, mais loupe la cible… ce qui n’empêche pas ce dernier de s’écrouler, visiblement tordu de douleur. Sans hésitation, l’arbitre sort le rouge.

Certes, cette intention-là n’est pas loin de valoir l’action. Mais tout de même… Torrosidis n’aurait pas volé un carton jaune pour simulation : Kaita ne le touche absolument pas !

En seconde mi-temps :

68ème minute. Tête de Georgios Samaras. Alors que le ballon prend la direction de la lucarne, Vincent Enyeama s’envole à l’horizontale et concède le corner d’une claquette main gauche phénoménale. En sortant la plus belle parade de la compétition pour l’instant, le gardien nigérian entretient l’espoir de tout un pays…

Avant de l’anéantir. Quatre minutes plus tard, Alexandros Tziolis décoche une bonne frappe des 20 mètres. Bonne, mais pas au point de tromper la vigilance d’un mec capable d’aller chercher une tête dans sa lucarne à bout portant. Sauf que voilà, comme dit le lieu commun, le foot n’est pas une science exacte. Le pauvre Vincent relâche le ballon dans les pieds de Vassilios « Hamlet » Torrosidis, qui ne se fait pas prier pour offrir à la Grèce la première victoire en coupe du monde de son histoire.

Le dénouement :

On l’a déjà dit au début, mais il n’y a décidément pas besoin d’une belle affiche pour faire un beau match. Entre des Nigérians pleins de volonté et pas maladroits techniquement et des Grecs toujours aussi rigoureux défensivement mais en net progrès dans le jeu, on a assisté à la rencontre la plus disputée, la plus intense depuis l’ouverture des hostilités.

Le troisième match risque d’être très difficile pour les Nigérians. D’abord parce que leur sélectionneur va avoir du mal à composer une défense : ses deux arrières gauche, Taye Taiwo et Uwa Echiejile, se sont successivement blessés pendant ce match, et sont très probablement out pour le reste de la compétition. Ensuite et surtout parce que les Super Eagles ne sont pas loin d’être d’ores-et-déjà éliminés de la coupe du monde. Et c’est vraiment dommage.

D'autant qu'en y réfléchissant bien, les Grecs espèrent sûrement ne pas avoir trop découragé leurs adversaires du jour. En effet, avec trois points au compteur, une bonne vieille victoire à l’arrachée contre des coiffeurs argentins déjà qualifiés pourrait leur conférer un ticket pour les huitièmes en cas de défaite coréenne contre… le Nigéria.

Pour offrir à l’équipe de France la revanche de 2004 ?

Le tweet du match :

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