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Soutien à Bernard Casoni...

Lu ce matin un excellent (comme toujours) billet de Bruno Roger-Petit, qui pose une question : « Carlo Ancelotti déjà menacé ? ». Bah, on vire l’entraineur de l’actuel premier du championnat de France. Pourquoi ne pas limoger celui qui perd un match amical, tant qu’on y est ?

D’ailleurs, dans cet article, BRP parle de Bernard Casoni. Entraineur d’une équipe qu’il a hissé du National à la 11eme place de Ligue 1, et qui s’est fait limoger dans une drôle d’indifférence générale…
Tiens, il y a trois jours, l'entraineur de Evian-Thonon-Gaillard, Bernard Casoni, a été remercié par les dirigeants du club. Sous son règne, le petit club venu des abysses du football amateur est monté en Ligue 1 en un temps record. Et mieux encore, promu au sein de l'élite du football français, il tient plus qu'honorablement son rang : 11e, un exploit de plus. Et pourtant, Casoni a été viré, comme Kombouaré au PSG, viré parce que la direction du club, ne croyait pas en lui, malgré les succès passés et présents. Pas assez impliqué, concerné... Problème de confiance entre lui et la direction du club dit-on.

L'auteur de ces lignes a attendu quelques jours la réaction indignée des Bravo, Dugarry et autres Ménès, que l'on avait tant entendus lors de l'éviction de Kombouaré, dans des conditions similaires, ceteris paribus... Il attend toujours. Les consultants télévisuels se sont tus, bien moins mobilisables et mobilisés pour la défense de Casoni qu'ils ne le furent pour Kombouaré.

Pourquoi cette différence ? Voilà bien la question qui taraude l'observateur de tous ces événements. Et si les actionnaires d'Evian TG avaient été Qataris, aurait-on été soumis au même concert d'indignations ? Avouons que c'est troublant...
Il a sans doute raison. J’ai été le premier à écrire ici un billet pour dire tout le mal que je pensais de cette direction et de ce management du PSG qui a eu vis-à-vis de Kombouaré, depuis 6 mois, une attitude abjecte. Je n’ai rien dit, sur le moment, à du limogeage de Bernard Casoni, qui est soit dit en passant quelqu’un que j’aime bien (même si j’ai moyen apprécié son attitude en 99’ lors du départ de Courbis de l’OM… une autre histoire).

On parle souvent de « management ». On peut être premier de son championnat, ou avoir eu avec un club nouveau des résultats extraordinaires, et quand même se faire virer. Parce que la tête ne plait pas. Parce que d’autres paramètres, plus difficiles à appréhender…

Non, le limogeage de Bernard Casoni est une très mauvaise nouvelle pour le football. Très mauvaise nouvelle tout court, parce que finalement cela montre qu’en effet nous ne sommes rien. Et c’est pas très encourageant...

Ravaler son orgueil et avancer.

Je vous invite à jeter un oeil sur cette interview de Franck Dumas, l'entraineur du Stade Malherbe Caennais depuis Mai 2005.
Il a connu une descente en ligue 2, un joli maintien, et une nouvelle descente l'année passée pour être classé premier avec 9 points d'avance sur le troisième aujourd'hui.
Je vous en parle parce qu'il a fait preuve cette année d'une formidable remise en question suivie de résultats exceptionnels. Et j'aurais voir un autre entraineur être capable de saisir sa chance comme lui le fait en ce moment...
Morceaux choisis:
Poussé à évoluer par ses dirigeants, notamment dans sa communication, le Bayeusain a aussi modifié une partie de sa méthode, après avoir reçu quelques claques. Dans un contexte pacifié, il parle de remise en question, de son personnage, du temps qui passe. Il dit beaucoup de choses.
« En fait, l'an passé, je n'avais pas vraiment la conscience de représenter le club : le rôle du coach pour moi, c'était d'essayer de faire gagner son équipe sur le terrain, pas de plaire en dehors. On en a longuement discuté avec Jean-François (Fortin), les dirigeants, ils m'ont fait comprendre certaines choses.
J'ai relu aussi quelques-unes de mes déclarations cet été, et à un moment, c'est vrai que je me suis dit que j'étais parfois allé trop loin. Peut-être que je vieillis... Cette saison, je ne m'écarterai pas de ma ligne de conduite, même si les résultats se dégradent, même si la tempête venait à souffler sur le club. »
Voilà un homme qui a su faire fi de toutes les critiques, qui a saisi la chance qui lui était offerte de faire remonter son équipe, qui s'est montré digne de la confiance qui lui était accordée pour améliorer sa gestion de groupe, améliorer sa communication et les résultats suivent.
J'en connais un qui s'est vu offrir cette seconde chance mais qui continue de chier sur nos têtes sans aucun scrupule...