Le pitch :
Après un premier match sérieux mais sans saveur remporté face aux Danois, les Pays Bas rencontraient cet après-midi un Japon surprenant quoique valeureux vainqueur de Camerounais mal inspirés.
Un match à six points, donc, et sans réel danger pour des « Oranje » que quasiment tout le monde donne largement favoris au coup d’envoi. À voir.
Les acteurs principaux :
Pour les Pays Bas : Arjen Robben
Depuis l’entrée en matière de ses coéquipiers, on ne parle que de l’ailier du Bayern Munich. En son absence, on loue les efforts de l’infatiguable Dirt Kuyt, qui le remplace sur l’aile droite ; on admire le jeu de passes du précieux Wesley Sneijder ou encore la ténacité du capitaine Mark van Bommel, qui fait de moins en moins de fautes et ne râle presque plus après l’arbitre.
Mais on sent bien qu’il manque à l’équipe néerlandaise la petite étincelle dans le jeu qui en a fait l’une des favorites du tournoi. Comme contre le Danemark, les potes de Robben ont su faire preuve de sérieux et solidarité pour tuer le match au bon moment. Mais comme contre le Danemark aussi, c’est une erreur de l’adversaire qui les a délivrés.
Avnat son retour, espéré pour le dernier match de poules et pour ainsi dire exigé pour les huitièmes, le poids des attentes placées en lui commence à peser lourd sur les épaules du numéro 11 batave. Gare aux désillusions.
Pour le Japon : Marcus Tulio Tanaka
L’entrée en lice du Japon, contre les Camerounais, avait révélé aux footix du monde entier l’attaquant du CSKA Moscou, Keisuke Honda. Ce second match, malgré la défaite, aura été celui d’un parfait inconnu, Tulio Tanaka.
Et pour cause, le défenseur central japonais, né au Brésil d’un père brésilo-japonais et d’une mère italo-japonaise (merci Wikipédia), n’a jamais joué en dehors de la J-League. Une situation qui pourrait ne pas durer : ses interventions toujours très propres, ses relances souvent précises et son jeu de tête au-dessus du lot pourraient bien lui valoir un ticket pour l’Europe dans les semaines à venir — surtout si toutes ces qualités contribuent à qualifier son équipe pour les huitièmes.
Gros plan :
50ème minute. Après une première mi-temps aux allures de purge footballistique, les Hollandais reviennent sur le terrain avec un peu plus de jus dans les chaussettes. Mais Tanaka règne en maître dans sa surface de réparation. Le numéro 4 japonais chope un énième ballon de la tête dans sa surface et concède le corner.
Deux minutes plus tard, première errance de la défense japonaise. Le ballon navigue dangereusement près du point de pénalty. Van Persie le récupère d’un contrôle pas très académique mais pas non plus dénué de classe, et remet parfaitement à Sneijder, qui décoche une grosse, grosse frappe au premier poteau.
À qui la faute ? Au Jabulani, qualifié par Frank Leboeuf de « ballon de plage » ? À sa défense, qui lui masque totalement la vue ? Les deux à la fois peut-être ? Toujours est-il qu’Eiji Kawashima, le gardien nippon, foire totalement sa parade et boxe le ballon sur sa gauche, au fond des filets.
Le dénouement :
Les Japonais essaient bien de refaire leur retard, mais les Néerlandais compensent ce qui leur manque encore en créativité par une rigueur à toute épreuve derrière. Ils placent même quelques contres intéressants, qui auraient pu (dû ?) permettre à Ibrahim Afellay fraîchement rentré de corser l’addition.
On en restera là. Bert van Marvijk, le sélectionneur oranje, pourra faire rentrer Robben lors d’un troisième match pratiquement sans enjeu contre le Cameroun pour le chauffer un peu avant les huitièmes. Les Samuraïs, eux, conservent de bonnes chances de qualification, à condition de faire la peau au Danemark. Tout n’est pas joué dans ce groupe E, mais on commence à y voir plus clair.


