Nous sommes Samedi soir, il est aux alentours de 23h30 quelque part du côté de la Plaine Saint-Denis. Le Paris Saint-Germain vient de battre Monaco au terme d'un match haché, pas emballant pour un sous, mais tout de même prenant pour qui voue une passion a l'un des deux clubs.
Le PSG, cette année encore, s'en sort bien. Une saison gâchée, sauvée des eaux par le trophée le plus important en France après le championnat.
En virage, pas de journalistes, pas d'autorités. Des supporters de toutes tribunes mélangés aux stadiers (du Parc) dans un bordel sans nom. Plus de places, plus d'escaliers, on dirait que le Parc entier est condensé sur un seul et unique virage. Il n'en est rien. Partout ou mon regard porte, des supporters parisiens, environ 70.000 des 74.000 spectateurs présents. Le Stade est à nous.
Au cours du match, des périodes blanches. Conformément aux coutumes qui sont les leurs, les meneurs d'Auteuil et de Boulogne en profitent pour se conspuer. Côté Auteuil, un feu d'artifice et plusieurs pétards claqueront l'ambiance, un temps appaisée, du virage. Une détonation puis, la fumée qui situe "l'infraction" et en désigne ses auteurs. 4 ou 5 détonations, toujours les même.
Les prolongations débutent, les quarts d'heures deviennent des siècles, les minutes des années, les secondes des heures. Les centres n'arrivent pas, les frappes sont stoppées, les tacles sont rudes. La peur se fait oppressante. Jusqu'à la libération. Makélélé décale astucieusement Jallet sur son côté. L'ancien Lorientais, le bon coup du recrutement de Paris, s'en va fusiller un Ruffier jusque là dominateur (et en réussite). Il ne peut que repousser, Hoarau conclut.
La libération. Le ventre noué cède sa place aux gorges déployées. Les rangs n'existent plus les timidités s'envolent, la folie entre avec fracas dans le virage. Impossible de tenir la ligne, les rangs du dessus sautent sur nos épaules, nous ne pouvons qu'en faire de même. Mon voisin et sa copine s'embrassent avant de sauter dans mes bras. Je ne les connais pas. Peu importe, nous célebrons la même chose : 105 minutes puis la lumière, enfin.
Le match est terminé. Stupeur, certains mecs d'Auteuil s'en vont. Eux, les pétards, les chants hostiles et les insultes a Rama Yade et Horetefeux. Je ne comprends pas. Il n'assiteront pas au seul moment d'alégresse de la saison du PSG. Ils quittent le virage. Ils sont venus, ont chanté leurs hostilités aux autorités, leurs haines envers Boulogne et ont fait éclaté des pétards, puis ils s'en vont. Ils ont passé le reste de la rencontre assis derrière la banderole déployée par Auteuil sans regarder le match une seconde. Pourquoi ici ? Pourquoi perdre son temps au stade ?
Je passe rapidement à autre chose. Moi, abonné 2009/2010, je vais savourer. Paris est magique, Ici c'est Paris. La ville lumière rayonne l'espace d'une soirée. Le virage Monegasque se vide. Je m'assois, je respire. Paris soulève la coupe.
Ce soir il y aura eu une coupe, 70.000 mecs, debouts, ventres noués jusqu'à la libération. Puis il y aura eu 20 mecs assis, sauf pour insulter à tous vents et faire péter ce qu'ils aivaient en poches. Si les autorités ont réellement envie de faire le ménage au PSG et ailleurs, ils n'ont qu'à venir avec nous en virage. Cela leurs donnera peut-être de bien meilleures idées que ces dissolutions aveugles.
Pour moi peu importe. Paris a remporté un titre. Cassez-vous et laissez-moi savourer.