Le pitch :
Pour cette première coupe du monde organisée en Afrique, deux équipes sont attendues au tournant : la Côte d’Ivoire de Didier Drogba et le Cameroun de Sam Eto’o. C’est cette dernière qui se lançait cet après-midi dans la compétition, face à un Japon jamais très inspiré mais toujours volontaire.
Pour les Lions indomptables, c’est le match piège par excellence : la pression du statut de « favori africain », un adversaire réputé inférieur, et surtout un des gros du tournoi à affronter au troisième match : les Pays-Bas. Bref, il fallait gagner, et bien gagner.
Les acteurs principaux :
Pour le Japon : Keisuke Honda
Dans le onze de départ japonais, trois joueurs seulement évoluent à l’étranger. Parmi eux, un seul a joué la Ligue des champions cette saison : Honda, qui s’est fait éliminer en huitièmes avec le CSKA Moscou par l’Inter Milan… de Sam Eto’o.
Habituellement meneur de jeu voire « neuf et demi » derrière l’attaquant, Honda joue avant-centre en sélection. La logique est peut-être triviale — mettre son meilleur joueur en pointe, et attendre l’exploit —, mais elle a fonctionné. On attendait le show Eto’o, on a eu le réalisme de Honda : une occasion, un but.
Pour le Cameroun : Samuel Eto’o
Samuel Eto’o, c’est plus qu’un des acteurs de ce match : c’est l’une des deux grandes stars de cette coupe du monde africaine. Plusieurs fois champion d’Espagne, champion d’Italie, triple vainqueur de la Ligue des champions, il est aussi l’une des plus grandes stars du football mondial.
Et pourtant, la star est totalement passée à côté de son match. La faute peut-être, d’abord, à son positionnement sur le terrain. À l’Inter, Mourinho le fait jouer à droite pour laisser Diego Milito prendre l’axe ; avec le Cameroun, on voit mal l’intérêt. Mais même sur un côté, Sam aurait dû montrer plus, même s’il ne peut pas tout faire. Pas une seule frappe au but, un tout petit débordement dans la surface, et beaucoup de courses sans ballon le long de la ligne — pour parfois se retrouver derrière Stéphane Mbia, arrière droit en sélection. Quel dommage.
Gros plan :
À moins de dix minutes de la mi-temps, petite absence de l’arrière gauche de Tottenham, Benoît Assou-Ekoto, qui tombe dans une jolie feinte de Matsui. L’ailier de Grenoble (si, si) délivre un centre parfait au second poteau. Au lieu de prendre l’avant-centre au marquage, Stéphane Mbia — milieu de formation, défenseur central d’adoption à l'OM, et donc arrière droit cet après-midi — est obnubilé par le ballon. Il rentre trop tôt dans l’axe, où Nicolas Nkoulou s’est lui aussi troué.
Honda reçoit le ballon sur un plateau, contrôle parfaitement et glisse une jolie frappe hors de portée du gardien camerounais. Le tout en moins d’une demi-seconde.
Au lieu de décrisper les Camerounais, l’ouverture du score les plombe totalement. La seconde mi-temps est une longue série de passes loupées, de contrôles hasardeux et d’embouteillages dans l’axe.
Le dénouement :
Mbia fait 50 mètres balle au pied dans la largeur du terrain pour faire une passe de deux mètres à Assou-Ekoto, qui s’embrouille dans ses propres dribbles. Geremi et Emana entrent pour apporter de la profondeur, sans succès : le premier décoche à peine un demi-centre potable, tandis que le second essaie s’empale systématiquement sur l’axe défensif japonais.
Face à un adversaire visiblement paralysé par l’événement et, à l’image de son capitaine, jamais vraiment entré dans son match, les Japonais ont fait ce qu’on attendait d’eux : ils ont profité de la première occase offerte pour finir au courage.
Il reste aux hommes de Paul Le Guen à battre le Danemark et à tenter l’exploit contre les Néerlandais. Si le sélectionneur français renonce à jouer avec trois milieux défensifs et trois avant-centres, c’est faisable.
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Le Cameroun tétanisé
Publié par
Rubin Sfadj
on 14/06/2010
Libellés :
cameroun,
Coupe du Monde 2010,
japon
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