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Les anciens et les jeunes...

L'annonce de la prolongation de contrat de Benjamin Nivet, meneur de jeu indispensable de 33 ans au Stade Malherbe de Caen, m'a amené à une réflexion sur le sort réservé aux joueurs de plus de trente ans dans le championnat de France.
Sans parler du manque de respect envers des joueurs ayant plus ou moins apporté au football, on est incapable dans la plupart des cas de se servir de l'expérience de ces joueurs ayant encore bien souvent quelque chose à apporter à leur club.
Un club va être capable de se jeter sur un joueur de 20 qui a fait 3 bon matches et lui offrir un super contrat sur 4-5 ans, mais se montre très réticent à l'idée de parier sur un an sur un joueur ayant dépassé la trentaine et donc moins enclin à progresser.
Est-ce le fait de ne pas pouvoir miser sur une plus value qui contribue à cette tendance? L'investissement d'un joueur est-il devenu trop financier?
On peut observer des comportements tout à fait différents dans les autres championnats européens, avec un Milan AC qui relance un Ronaldinho (avec les récents résultats que l'on connait), qui fait confiance à un Beckham qui le rend parfaitement.
Je ne vais pas continuer cette liste exhaustive mais quand on voit que Rennes réserve le national à Pagis, on peut se poser quelques questions...
Aujourd'hui, le salaire d'un jeune joueur est bien souvent sans aucune mesure avec son expérience ou son niveau réel, on préfère bétonner un contrat plutôt que le voir partir vers des cieux anglais ou espagnols, ce qui crée un changement de la relation anciens/jeunes au sein des clubs.
Difficile de demander à des jeunes de respecter et apprendre d'anciens qui ne sont pas mieux payés et souvent moins bien considérés sportivement...
C'est à mon avis, une des nombreuses dérives de ce football, qui malheureusement ne dévie pas de sa trajectoire business.
Redonnons de l'importance aux anciens, laissons les jeunes faire leurs gammes, terminer leur formation par une ou années de complément à l'équipe première, sportivement comme contractuellement.
Tout cela passe par des règles plus strictes, protégeant les clubs formateurs, et par un changement dans les mentalités plus difficile à provoquer.
On pourrait parler d'une nécessaire délibéralisation du foot... Mes partenaires du blog seront-ils d'accord avec cette analyse?...

Mais où sont passés les hooligans anglais?

Combien de fois ai-je entendu raconter que les anglais avaient réussi à vaincre le hooliganisme qui pollue le football mondial depuis des lustres et a connu son apogée lors du drame du Heysel en marge de la finale de Coupe des Champions en 1985?
Ont-ils réussi?
En quelque sorte oui, ils ont profité de leur bannissement pendant 6 ans des compétitions européennes, pour se remettre en cause et régler à leur manière le problème du hooliganisme. Un nouveau drame encore plus terrible au stade de Hillsborough ayant achevé de pousser le gouvernement Thatcher à prendre les choses en main devant la mollesse de la fédération anglaise.
Fini l’alcool dans les stades, rénovation des stades, fichage et répression impitoyables des supporters et groupes de supporters violents mais surtout augmentation phénoménale du prix des places.
Toutes ces mesures ont permis de ne plus voir se produire d’évènements aussi graves sur nos écrans de télévision, elles ont déplacé le supporter pauvres de Chelsea à Milwall.
Les hooligans sont descendus de ligue, la Premier League leur étant désormais inaccessible pour les raisons énoncées ci-dessus, ils sont partis polluer les divisions inférieures du foot anglais.
Et on peut en voir le résultat lors du dernier match West Ham-Milwall...
Le déplacement des problèmes est un phénomène vraiment révélateur de notre société, je vais éviter de trop politiser le billet, mais loin des yeux, loin du cœur, comme on dit. Tout est dans le paraitre, pas dans le fonds.
Je ne dis pas que les mesures étaient mauvaises, elles ont été efficaces, et donc justifiées, par contre, dès que la surface est nettoyée, tout le monde s’en satisfait et c’est cool.
Pour ma part, même si je suis révulsé par la violence et le racisme dans nos stades, je serais malheureux de découvrir un stade vélodrome guindé aux allures de cathédrale bourgeoise comme c’est le cas dans beaucoup de stades anglais aujourd’hui.