
Une équipe de professionnel piétine face à une formation de "peintres" au bord du cercle Arctique. Cela fait jaser. Une dizaine d'infimes nations (footballistiquement parlant) participent aux joutes qualificatives pour l'euro et le mondial. Promotion et "démocratie" sont évoquées pour justifier l'engagement virtuel de ces pays au plus haut niveau du concert international.
Les îles Féroé, San-Marin, le Liechtenstein, l'Arménie, Andorre et d'autres n'ont pas le niveau de jeu pour disputer une partie sérieuse face à la plupart des pays européens. Ce sont de corrects amateurs qui s'emploient avec des moyens très limités techniquement et physiquement à donner le change face à des bêtes de compétitions surentraînées. Face à de grosses cylindrées, c'est du jeu long. Cela se résume à des joueurs de niveau technique division d'honneur qui balancent des transversales de 45 mètres stéréotypées. Tout est approximatif, les courses, les longues balles, les contrôles. Avec moins de 20% de possessions potentielles, cela donne un spectacle affligeant. Face à des équipes un peu moins performantes (Pays de Galles, Autriche, Lettonie…) le déploiement d'un embryon de jeu fait souvent long feu. Presque au ralenti comparé aux standards professionnels, les matchs sont rarement mieux que déplorables. En général, l'équipe professionnelle marque vite et un déluge s'en suit. Défensivement, nous assistons à un football des cavernes. Un dispositif à neuf derrière avec quatre milieux défensifs vissés en second rideau. Les lacunes techniques sont compensées par du physique. Fautes grotesques et tirage de maillots agrémentent l'essentiel du match. Un authentique football catastrophe.
Le déplacement d'une équipe comme la France à Tórshavn apparaît comme un formidable coup promotionnel. Les travées étaient pourtant clairsemées. Les téléspectateurs peu passionnés. Il n'est pas sûr que le spectacle d'une guerre de tranchées en short sur une petite pelouse longue et grasse soit si excitant. On peut raisonnablement se demander ce qu'apporte ce type de rencontre aux Îles Féroé ainsi qu'au football international ? Passée la curiosité des premières années, ces matches sont devenus une corvée.
On rejoue chaque fois le mythique David contre Goliath. L'identification du footballeur du dimanche avec les amateurs fait son effet. Le frisson dans ce type de confrontation, c'est la chute. Cela n'arrive (presque) jamais. Quelques "cadors" trébuchent par conditions dantesques ou la chance se mêle à la démotivation. Dès lors, les dés sont pipés. En imaginant qu'un coup de vent nordique permette aux gentils Scandinaves d'égaliser, le match face à la Serbieà venir aurait une tout autre physionomie. Ces derniers recevraient les bleus en se contentant d'un match nul. Moins ouvert et spectaculaire que prévu. Le mano a mano entre les favoris du groupe seraient stérilisés par un coup de sort sans mesure avec leurs valeurs intrinsèques.
Les joueurs harassés en juin se passeraient sûrement des quatre matches internationaux qui s'ajoutent aux rencontres amicales, de coupe européenne (avec phases préliminaires), de coupe nationale, de compétitions internationales et de championnat.
Resserrer les groupes qualificatifs dans une élite et créer un groupe B pour les petites nations peut être une solution. Pour les grosses cylindrées, cela diminuerait le nombre de matchs. Fini les rencontres pièges où l'on joue une qualification pour la coupe du monde sur des champs de maïs face à de courageux amateurs. Pour tous, l'homogénéité des matches influerait sur la qualité de jeu ou au moins sur l'enjeu. Pour les "petits", une accession en groupe A serait une réelle promotion.
Il faut sortir du romantisme. Les miracles ne font pas partie du sport professionnel. Les Îles Féroé ou la Principauté d'Andorre sont sympathiques, courageuses. Mais il suffit de visionner les matches pour s'apercevoir qu'il n'y pas d'exotisme de l'amateur en football. Juste un profond ennui dont tous pourraient se passer.
Les îles Féroé, San-Marin, le Liechtenstein, l'Arménie, Andorre et d'autres n'ont pas le niveau de jeu pour disputer une partie sérieuse face à la plupart des pays européens. Ce sont de corrects amateurs qui s'emploient avec des moyens très limités techniquement et physiquement à donner le change face à des bêtes de compétitions surentraînées. Face à de grosses cylindrées, c'est du jeu long. Cela se résume à des joueurs de niveau technique division d'honneur qui balancent des transversales de 45 mètres stéréotypées. Tout est approximatif, les courses, les longues balles, les contrôles. Avec moins de 20% de possessions potentielles, cela donne un spectacle affligeant. Face à des équipes un peu moins performantes (Pays de Galles, Autriche, Lettonie…) le déploiement d'un embryon de jeu fait souvent long feu. Presque au ralenti comparé aux standards professionnels, les matchs sont rarement mieux que déplorables. En général, l'équipe professionnelle marque vite et un déluge s'en suit. Défensivement, nous assistons à un football des cavernes. Un dispositif à neuf derrière avec quatre milieux défensifs vissés en second rideau. Les lacunes techniques sont compensées par du physique. Fautes grotesques et tirage de maillots agrémentent l'essentiel du match. Un authentique football catastrophe.
Le déplacement d'une équipe comme la France à Tórshavn apparaît comme un formidable coup promotionnel. Les travées étaient pourtant clairsemées. Les téléspectateurs peu passionnés. Il n'est pas sûr que le spectacle d'une guerre de tranchées en short sur une petite pelouse longue et grasse soit si excitant. On peut raisonnablement se demander ce qu'apporte ce type de rencontre aux Îles Féroé ainsi qu'au football international ? Passée la curiosité des premières années, ces matches sont devenus une corvée.
On rejoue chaque fois le mythique David contre Goliath. L'identification du footballeur du dimanche avec les amateurs fait son effet. Le frisson dans ce type de confrontation, c'est la chute. Cela n'arrive (presque) jamais. Quelques "cadors" trébuchent par conditions dantesques ou la chance se mêle à la démotivation. Dès lors, les dés sont pipés. En imaginant qu'un coup de vent nordique permette aux gentils Scandinaves d'égaliser, le match face à la Serbieà venir aurait une tout autre physionomie. Ces derniers recevraient les bleus en se contentant d'un match nul. Moins ouvert et spectaculaire que prévu. Le mano a mano entre les favoris du groupe seraient stérilisés par un coup de sort sans mesure avec leurs valeurs intrinsèques.
Les joueurs harassés en juin se passeraient sûrement des quatre matches internationaux qui s'ajoutent aux rencontres amicales, de coupe européenne (avec phases préliminaires), de coupe nationale, de compétitions internationales et de championnat.
Resserrer les groupes qualificatifs dans une élite et créer un groupe B pour les petites nations peut être une solution. Pour les grosses cylindrées, cela diminuerait le nombre de matchs. Fini les rencontres pièges où l'on joue une qualification pour la coupe du monde sur des champs de maïs face à de courageux amateurs. Pour tous, l'homogénéité des matches influerait sur la qualité de jeu ou au moins sur l'enjeu. Pour les "petits", une accession en groupe A serait une réelle promotion.
Il faut sortir du romantisme. Les miracles ne font pas partie du sport professionnel. Les Îles Féroé ou la Principauté d'Andorre sont sympathiques, courageuses. Mais il suffit de visionner les matches pour s'apercevoir qu'il n'y pas d'exotisme de l'amateur en football. Juste un profond ennui dont tous pourraient se passer.


14 commentaires:
Le seul interet du match de mercredi se fut de permettre a mon cher ( tres cher maintenant ) P-A Gignac de briller par son envie de jouer et, surtout, de marquer son premier but en bleu. J'espere, n'en deplaise aux amoureux du club du Forez, qu'il en fasse de meme ce soir.
Le billet est excellent. Pourtant, je trouve qu'il est bien que les petits, qui sont des nations à part entière, puissent jouer contre les gros. En plus, cela ne donne que plus d'intêret aux Argentine Italie ou Pays Bas Brésil de Coupe du Monde...
Enfin, je dis ça, mais mon romantisme ne me fait pas pour autant me réjouir quand le club d'Aubusson ou de Lussan bats Monaco ou St Etienne en Coupe de France...
Et je dis ça en détestant Domenech, et toute cette Fédération Française qui fait que la France se détourne d'une équipe de France aimée il n'y pas si longtemps...
Bonne fin de weekend.
PS : énorme Gignac ! ça, ça fait plaisir par contre...
Je n'ai aucune envie de voir le foot s'optimiser comme tu le souhaites, Andorre-France, même si l'on s'y emmerde, ça fait partie du truc, je suis probablement dans la catégorie des romantiques, mais bon je l'assume, c'est du sport, du loisir, et non pas une multinationale comme on a tendance à le penser dernièrement.
Ouais enfin... Ce discours élitiste garde un semblant de légitimité si l'équipe de France passe 5 ou 6 buts aux Féroé. Mais quand on doit s'arracher pour gagner 1-0 et trembler sur la dernière touche, je trouve ça un peu déplacé.
Pour l'instant, dans les qualifications, les îles Féoré n'ont encaissé que deux buts de plus que la France.
Le romantisme doit cesser, c'est vrai ; mais il faut aussi regarder la réalité en face.
En même temps cette équipe de chèvres ne devrait pas servir d'exemple.
De toute façon si on commence a aller dans cette direction élitiste on finira avec un sport comme en Amérique du Nord avec les ligues immobiles et beaucoup de fric, car qui dit élitisme des équipes nationales dit la même chose en club
Super billet. Je suis en total accord avec tout ce que tu exprimes ici. Et je dois dire que je suis tout aussi étonné des réactions qu'il suscite. Je rappelle aux scetiques que ce fonctionnement est classique au niveau des clubs où les niveaux sont segmentés en ligues organisées et articulées autour de montées et de descentes qui permettent d'ahérer le tout.
Au niveau des sélections, rien de cela... On continue a se taper les Féroé. FalconHill argumente le fait que cela donnerait plus de dimensions aux matchs gros vs gros, je répondrai que les Féroé ne jouent jamais les coupe du monde et ne se qualifient jamais. Ils ne servent a rien d'autres qu'a soigner le calendrier des sponsors des grosses écuries qui peuvent ainsi étaler les matches toute la saison.
Demain, comme Vogelsong, j'espère une "ligue 1" des équipes natoinales qui donnerait plus d'équilibre et de compétition a tout les étages. Car en l'état actuel des choses, par quoi sont donc motivés les joueurs des Féroé ? En prendre 2 au lieu de 6 ? Ouahou...
Pour les sceptiques, imaginez donc un Le Havre - Caen (non pas Caen, désolé Manuel)... Imaginez un Le Havre - Auxerre ou Le Mans en fin de championnant sans combat pour éviter la reléguation... Quel spetacle palpitant cela aurait été...
Super Vogelsong, au plaisir de te relire ici.
Ben regarde ou on en est rendu avec les clubs, grâce a cette politique de nivellement. Une ligue des champions dans laquelle s'affrontent toujours les mêmes. Alors c'est vrai que les enjeux économiques ne sont pas les mêmes, une équipe nationale aussi riche soit elle ne s'achète normalement pas de joueurs, mais les petites équipes de l'est ou Chypre entre autres progressent grâce aux matches contre les grosses écuries, leur enlever ces matches c est les condamner a ne pas progresser.
Franchement, je viens sur ce blog pour la deuxième fois espérant m'instruire ; je suis un peu déçu avec cette illustration d'un footballeur d'une petite nation je suppose ou d'un petit clup (cqfd il y a marqué sur sa chemisette). A part ça, le très faible nombre de fautes d'orthographe est honteux (stéréotypées, Tórshavn, "jazzer" relevant de la licence FFF). Deux coquilles (Serbieà, c est) pour 22 joueurs, avouez, c'est étique.
J'aime bien la richesse du style - les mano a mano, David contre Goliath, les grosses cylindrées, le footballeur du dimanche, la valeur intrinsèque, la guerre de tranchées - venant souligner le propos de l'auteur, cet ennui.
Sur le fond, une suggestion, prononcer le huis clos.
Je le redis , faites un effort, publiez des photos de people qui ont réussi dans la vie, on va penser que vous voulez la mort du futebol.
cher Mitslav
Vous avez raison certaines fotes sont impardonnables.
Arrêtez de vous faire du mal. Ne venez plus. Jamais.
Mtislav est un copain bien. Des fois il est mal luné (là pas en forme il est sur ce commentaire, il eut été plus inspiré).
Maintenant, c'est vrai qu'il faudrait, qu'il faudra, qu'on produise plus... Dures vacances ^___^
A bientôt (je m'en va chercher un bar à la Rochelle qui passent du foot, hi hi hi)
Je suis le blog Mtislav régulièrement et je l'apprécie. Et je continuerai à visiter.
Me faire dessouder sur l'orthographe ne me dérange pas. Autant écrire le mieux possible sur la forme. Ensuite il y a des manières...
Sur le fond et le style, il a tort et raison. Le billet n'est pas un chef-d'oeuvre. Mais employer le terme de mano a mano dans un billet de sport n'est pas un crime. "David vs Goliath" dans la perspective du match France - Iles Féroé n'est pas honte non plus.
En même temps il a raison. Ces termes sont usés par les journaux sportifs. Nous devrions écrire autrement.
Concernant la photo.
1- Pelé est beau
2- Pelé symbolise un football où on ne s'ennuie pas
Finalement ce qui me gêne, il ne parle absolument pas de la problématique du billet. Car il y en a une.
Et se borne à flinguer.
Il m'avait attaqué un fois sur ma photo dans Vendredi. Une fois de trop, une fois de plus.
Vog, pas de soucis, ton billet était très bien. Se faire vanner sur l'orthographe en oubliant le fond, ça me fout les abeilles aussi. Mais comme Mtislav est Mtislav, avec ses qualités et ses défauts, ben... Quand on connait le critique, parfois on la prend mieux, où comme on doit la prendre.
Après, à part David contre Goliath, je ne sais pas trop quelle autre métaphore on peut utiliser... Un teckel contre un grizzly ? Mais y en a qui ne savent pas ce qu'est un teckel, ou ne savent comment on écrit grizzly (ou grizzli... disons gros nounours méchant...).
Non, ton billet est bien.
Par contre oui, on devrait être plus productif. Quand je quitte ma quinzaine de vacances dans les hotels de la côte, promis, je m'y remets ;)
Pareil que Vog, t'as quelque chose à dire sur le sujet, fais toi plaisir.
Si t'as juste envie de cracher du venin, casse toi.
C'était un compliment. Peu flagorneur mais comme je ne suis pas un habitué de ce blog, j'ai essayé de rester sobre. Et j'ai essayé d'aborder le fond de la question, je proposais de faire jouer ces match sans spectateurs, sans retransmission, proposition peu sérieuse je le reconnais.
Un blogueur m'a interdit d'accès à son blog une fois. J'en ai éprouvé une grande frustration.
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